Comprendre le réchauffement climatique

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Si vous lisez cet article, c’est peut-être que vous en avez marre d’entendre partout les mots « réchauffement climatique » sans savoir exactement de quoi il retourne. Si vous habitez dans le Nord-Pas-de-Calais, vous vous dites même que ce serait plutôt une bonne nouvelle. La météo du coin ne vous plait pas vraiment et de toute façon on parle seulement de quelques degrés en plus, est-ce que c’est vraiment si grave que ça ? Et bien oui, ça fait une sacrée différence à l’échelle de la planète ! Allez venez, on vous explique tout.

Le réchauffement climatique, quésako ?

Commençons par un petit rappel de vos cours de physique du collège. La planète Terre est enveloppée de plusieurs couches gazeuses formant ce qu’on appelle l’« atmosphère ». Cette couche agit comme un filtre et régule la température, la pression atmosphérique (ce qui vous pète les tympans en montagne), et sert de bouclier face aux particules solaires qui bombardent la Terre (aka les « étoiles filantes »). En gros, sans elle, toutes les formes de vie seraient brûlées vives ou écrasées par des météorites. Merci l’atmosphère.

Une des couches de l’atmosphère est composée de gaz dits « gaz à effet de serre ». Les fameux. Parmi eux, le célèbre dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4), mais aussi la vapeur d’eau, le protoxyde d’azote (N2O), etc. (on vous épargne toute la liste). Ces gaz sont depuis toujours naturellement présents dans l’atmosphère et sont très utiles : lorsque le soleil envoie ses rayons vers la Terre, celle-ci va les absorber puis en réfléchir une partie vers l’espace, mais la couche de gaz va en retenir une autre partie pour lui renvoyer, ce qui la réchauffe. Ce mécanisme essentiel est appelé « effet de serre ». Cela permet de garder une température atmosphérique moyenne de 15 degrés, sans cela, on vivrait en moyenne sous -18 degrés. Merci l’effet de serre.

Mais, et c’est là que ça se corse, les activités humaines ont produit une quantité artificielle grandissante de ces gaz à effet de serre depuis la révolution industrielle (années 1800). En cause, la combustion des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz), mais aussi le développement de l’agriculture et élevage intensifs (si vous ne voyez pas le lien, on vous explique tout ça après). La couche de gaz s’est donc densifiée et la planète a commencé à se réchauffer de manière accélérée. Et ça continue. La question est : pourquoi on en fait tout un plat et quelles en sont les causes ?

Réchauffement de la planète, pourquoi c’est pas une blague ?

C’est un fait, la température moyenne du globe a augmenté de presque 1° C depuis la fin du 19e siècle (c’est pas nous qui le disons, c’est une étude du GIEC). Là vous avez envie de répondre, un degré de plus ou de moins, quelle différence ? C’est même plutôt sympa. "Oui, mais non" répondront les climatologues. Pour deux raisons :

1) Il faut remettre en perspective

  • 1° C, c’est une moyenne. Ça veut dire qu’au Pôle Nord, le réchauffement peut très bien signifier + 8 degrés, et ça, ça fait une sacrée différence (ne dites pas que vous n'avez pas vu les photos des ours polaires tous maigres sans maison, on ne vous croira pas).

  • Pour vous donner une idée, entre la dernière ère glaciaire et aujourd’hui (environ 20 000 ans), les températures moyennes globales ont augmenté de 6 °C. Là, on parle de + 1 °C en 100 ans, et peut-être + 5 °C d’ici 2100 (dernier rapport du GIEC). Ça sent un peu le roussi, quand même.

  • Prenez votre propre exemple : votre température corporelle est normalement de 37 °C. Là vous êtes bien, vous êtes frais, vous profitez de la vie. Rajoutez 1 degré. Vous êtes déjà moins bien. Rajoutez en 2 et vous êtes en PLS dans votre lit, rajoutez en 3 ou 4 et vous êtes bon·ne pour l’hospice. Et pourtant, on parle que de quelques degrés de différence, mais ça suffit.

Les climato-sceptiques diront qu'il y a toujours une forte variabilité naturelle des températures. Ils ont raison, mais pas en seulement 150 ans. Et c'est la faute des activités humaines.

2) Les conséquences sont multiples (et déjà visibles)

Dire seulement qu’il fera « un peu plus chaud », c’est réducteur. Les températures moyennes globales vont augmenter mais ce n'est pas tout. C’est pour ça que certains préfèrent parler de « dérèglement climatique » car les conséquences sur le climat sont bien plus nombreuses et complexes, et les pics caniculaires qui nous attendent en été seront certainement alternés par des vagues de froid polaire. En gros, voilà un peu le tableau :

  • Augmentation des événements climatiques extrêmes.

    Ouragans, inondations, sécheresses : ces événements ont doublé depuis les années 1990 et ça n’est pas près de s’arrêter (on vous laisse checker l’actualité mais petit teaser : ça fait peur).

  • Fonte des glaces.

    Outre les inondations en haute montagne causées par la fonte des glaciers (oui ça existe, demande aux Népalais et Népalaises), la fonte des calottes glaciaires de l’Arctique et l’Antarctique augmente le niveau des océans de manière exponentielle. Ce qui signifie la disparition de certains territoires (bye bye les Maldives), et la migration de plusieurs centaines de millions de personnes. Enfin, cela provoque également le dégel du « pergélisol » (sols dont la température reste durablement sous 0 °C, comme en Sibérie), qui correspond à 20 % de la surface terrestre et contient de grandes quantités de gaz à effet de serre. Conséquence : le dégel libère ces gaz, amplifiant à leur tour l’effet de serre. Un cercle vicieux bien vicieux.

  • Changement du cycle de l’eau.

    Plus de chaleur signifie plus d’eau qui s’évapore, ce qui signifie deux choses. D’abord, une augmentation de l’effet de serre, et donc un autre cercle vicieux. Ensuite, un dérèglement du cycle de l’eau et des précipitations, entraînant encore plus de pluies et de tempêtes au Nord, et encore plus de sécheresses extrêmes au Sud (donc vous voyez, si vous vivez dans le Nord-Pas-de-Calais, ce n’est finalement pas une si bonne nouvelle).

  • Acidification des océans.

    Les océans ont la capacité naturelle d’absorber le CO2 excédentaire. Cependant, l’excès de CO2 est devenu tellement important que cela provoque aujourd’hui un dérèglement du pH des océans, et donc des écosystèmes marins. C’est un phénomène inédit dont les scientifiques ne connaissent pas encore toute l’étendue des conséquences sur l’environnement…

  • Menace pour la biodiversité et la santé.

    D’un côté, ça veut dire l’extinction accélérée et massive d’espèces animales et végétales, de l’autre, la possibilité à certains insectes qui craignent le froid de se multiplier dans de nouvelles zones et sur de plus grandes périodes (coucou l’invasion de moustiques et de chenilles processionnaires !). Pareil pour les maladies tropicales, qui peuvent maintenant se propager plus facilement, ajoutées au danger des virus « enfouis » dans la glace et libérés par la fonte du pergélisol (crises sanitaires, saison 2 ?).

Et ceux qui disent qu'en Europe, ça ne nous concernera pas se trompent évidemment. Le changement climatique touche le monde entier de l'Inde aux États-unis, en passant par la Chine et l'Australie, bref tout le monde, même (et surtout) ceux qui n'ont pas donné leur consentement !

Et du coup, quelles solutions ?

On nous l’a rabâché maintes fois : il faut réduire nos émissions de CO2. D’accord, mais ça veut dire quoi, concrètement dans quels domaines agir ? Et est-ce que ça suffit ?

Limiter notre production de CO2

Toutes les données et études le montrent, la surproduction de dioxyde de carbone (CO2) est la première cause de l’effet de serre « industriel » et de la hausse des températures. Et la principale source de rejet de CO2, c’est la combustion des énergies fossiles de nos principales ressources en énergie (charbon, pétrole et gaz) par l'industrie et nos modes de consommation. Pour y remédier, deux solutions :

  • Trouver de nouvelles sources d’énergies durables

    Celles qu’on nomme aussi « énergies renouvelables » : solaire, éolien, hydraulique, géothermie, biocarburant. Car oui, en plus d’êtres polluantes et néfastes, les énergies fossiles ne sont pas infinies ! Il faut donc d’urgence changer notre système si on veut pouvoir continuer dans le futur à se déplacer, se chauffer, etc.

  • Changer notre consommation, bien trop gourmande en énergie

    Et pour ça, il y a des dizaines de possibilités : transports partagés, réduire l’avion, consommation locale et de seconde main, bâtiments bio-climatiques, limitation du gaspillage agricole et ménager (eau, énergie, déchets), etc. Comme dirait notre bon vieux Jamy « la meilleure énergie, c’est celle qu’on ne consomme pas ».

Stopper la déforestation massive

Une autre solution à la production de dioxyde de carbone, c’est d’arrêter la déforestation de masse. En effet, les arbres sont des puits de carbone qui stockent le CO2 et rafraîchissent l’air. Défricher les forêts, notamment pour créer des terres agricoles et d’élevage, c’est donc nous priver de ce pouvoir régulateur, mais c’est aussi libérer tout ce stock dans l’atmosphère ! Pour ne rien arranger, les arbres s’adaptent très difficilement aux changements climatiques et se fragilisent : cercle vicieux, again.

On ajoutera même qu’arrêter la déforestation c’est bien, mais replanter, c’est encore mieux ! Mais pas n’importe comment, et pour ça, on vous invite à lire notre article hyper intéressant sur l’agroforesterie.

Modérer la production de viande

On sait, vous aussi vous ne vivez peut-être que pour ce barbecue de juillet entre potes, après un an de confinement. On compatit. Et d’ailleurs personne vous demande de tout arrêter, mais de réduire. On vous explique : après le CO2, le 2e gaz responsable de l’effet de serre, c’est le méthane. Et vous savez où on le trouve ? Dans les rejets gazeux des bovins (oui, les pets et les rots des vaches). Et avec l’élevage intensif qui s’est multiplié dans le monde entier, ça fait beaucoup, beaucoup de méthane. De plus, pour nourrir et placer les élevages (bovins et autres) on déforeste des surfaces gigantesques, ce qui, comme vous le savez maintenant, aggrave le phénomène d’effet de serre (ça donne le tournis tous ces cercles vicieux !). Donc oui, limiter sa consommation de viande, cela a bien un impact, et de taille. La bonne nouvelle, c’est que les saucisses végés, c’est bon aussi, même si le gouvernement ne veut plus qu'on les appelle comme ça.

Les changements doivent se faire à l'échelle planétaire

Le dérèglement climatique touche la planète entière. Pour y remédier, il est nécessaire que tous les pays y contribuent avec leur moyen. L'Europe seule ne pourra rien si la Chine et les États-Unis continuent de consommer toujours plus. C'est pour ça que sont nées les COP, accorder les politiques mondiales sur les actions à mener et mettre au travail les États.

En décembre 2015, 195 pays partenaires réunis pour la COP21 ont signé l’Accord de Paris, avec l’objectif de contenir le réchauffement global de la planète au-dessous de + 2° C d’ici 2100 (et si possible à + 1,5 °C) par rapport à l’ère préindustrielle. C'est le premier grand accord international depuis le protocole de Kyoto.

Heureusement, d’autres acteurs peuvent aussi nous offrir des solutions ! Et souvent, cela passe par notre carte ou notre compte : ce que vous achetez et où vous l’achetez deviennent aujourd’hui des choix citoyen·nes et responsables. Mais également là où vous choisissez de placer votre argent, qui peut financer des organismes aussi bien détruisant ou protégeant la planète. Et ça, c’est tout l’enjeu de la finance verte, au rôle méconnu mais essentiel dans la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique. Et c’est pourquoi on a décidé de créer Green-Got ! Une banque qui finance uniquement des projets « verts » (vraiment verts) et qui vous permet de devenir un « consom’acteur » plus averti et engagé. Si vous êtes intéressé·e, vous pouvez vous préinscrire dès maintenant, gratuitement et sans engagement !

À lire : Comment protéger la planète avec Green-Got ?

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