Label ISR, pourquoi est-il tant décrié ?

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Label ISR, pourquoi est-il tant décrié ?

 Le label ISR (Investissement Socialement Responsable) est le roi de la finance responsable en France. La preuve ? Il y a déjà plus de 637 fonds labellisés, ce qui représente plus de 500 milliards d’euros d’encours. Et ce n’est pas fini puisque ces chiffres continuent d’augmenter année après année.

Créé en 2016, juste après la COP21 de Paris, il a succédé au label Novethic, avec de nouvelles exigences, dans le but d’harmoniser les systèmes de notation de durabilité des fonds et permettre aux épargnants d’y voir plus clair.

Et oui, car avant lui, tous les gestionnaires pouvaient dire que leurs investissements étaient 100% durables. Mais depuis quelques années, plusieurs voix s’élèvent pour le critiquer. Selon ces dernières, il est trop permissif, trop simple à obtenir et ne serait donc en rien un gage d’une finance plus responsable et de développement durable.

Voyons ce qu’il en est vraiment.

Un peu de vocabulaire

Avant d’aller plus loin, il y a deux notions importantes à maîtriser pour comprendre la suite de cet article : les fonds et les labels.

Les fonds

Pour faire simple, un fonds, c’est un grand pot dans lequel plusieurs investisseurs (des particuliers ou des entreprises) placent leur argent.

Ce pot est confié à un gestionnaire de fonds dans le but de l’investir dans des actions (quand on achète directement des parts d’une entreprise), des obligations (quand on prête de l’argent à une entreprise contre des intérêts), ou des matières premières. Le but est de rapporter le plus d’argent possible aux investisseurs.

La valeur du fonds fluctue en fonction de la valeur des entreprises qui le composent ou bien des intérêts qui sont perçus.

Ces fonds pour les investisseurs sont accessibles depuis plusieurs enveloppes fiscales comme l’assurance-vie. L’avantage avec ce système, c’est qu’il permet de diversifier les risques, on ne prête pas toutes ses noisettes (si t’as pas la réf, viens lire cet article) à une seule entreprise, on se protège ainsi d’un risque de faillite.

Les labels

Sauf si l’on parle de musique, un label est donné à un produit ou un service par un organisme de certification indépendant. Il a pour but de s’assurer que l’entreprise certifiée fait bien ce qu’elle dit.

Il en existe dans tous les domaines. Il y en a d’ailleurs beaucoup dans l’alimentation, pour assurer, par exemple, la qualité des produits au consommateur (notamment ceux issus de l’agriculture biologique).

Dans notre cas, le label ISR sert à certifier que les fonds respectent bien leurs engagements en matière de soutenabilité et de durabilité.

Label ISR, quels critères ?

La prise en compte des critères ESG

En règle générale, une société de gestion prend en compte des critères financiers pour décider de ses investissements. Elle investira dans des entreprises qui pourront lui rapporter le plus d’argent à court, moyen ou long terme.

La grande différence ici, c’est la prise en compte des critères extra-financiers dans les décisions d’investissement. Être rentable oui, mais en respectant tout de même la planète et ses habitants.

Dans notre cas, on parle des critères ESG (pour Environnement, Social et Gouvernance).

Les critères environnementaux

Il prend en compte principalement les émissions de CO2, la prévention contre les risques environnementaux, la consommation d’énergie ou le recyclage.

Je pense que tu l’as compris, c’est notre préféré chez Green-Got.

Les critères sociaux

Celui-là tient compte de l’impact de l’entreprise sur la qualité de vie des citoyens et ses engagements pour une société plus juste.

Il prend aussi en compte la qualité du travail au sein de l’entreprise avec notamment la formation et le bien-être des salariés, l’emploi de personnes à mobilité réduite ou la qualité du dialogue social.

Les critères de gouvernance

Il s’agit probablement du plus flou des trois. Transparence de la rémunération des dirigeants, lutte contre la corruption, relation avec les actionnaires ou féminisation du conseil d’administration sont pris en compte. C’est un peu le pilier fourre-tout de l’ESG.

Comment est-il attribué ?

Afnor Certification, Deloitte et EY France jouent ici le rôle de certificateurs indépendants.

Lors de l’audit de certification, ces organismes s’assurent que les gestionnaires définissent et mettent en place une méthodologie de notation des entreprises sur les aspects ESG. Cette notation doit rentrer en compte dans le cadre de la sélection des éléments du portefeuille.

Ils veillent aussi à ce que la transparence soit au rendez-vous : les gérants doivent être en mesure d’expliquer leurs choix d’investissement à tout moment et de communiquer ces informations, même au grand public.

Enfin, pour être labellisé, il est nécessaire de mettre en place l’évaluation des impacts positifs sur la société ou l’environnement des entreprises financées.

Si ces trois grands enjeux sont respectés, le fonds se voit alors officiellement attribué le label par le Ministère de l’Économie et des Finances.

Ok, mais pourquoi est-il tant décrié ?

Le label est certifié par des organismes indépendants, il respecte les critères ESG et en plus il est rentable. Alors où est le problème ?

Trois piliers pas toujours alignés

Environnement, Social ou Gouvernance, les trois en même temps ?

Pas tout à fait. En se concentrant totalement sur l’un des trois piliers, il est possible d’omettre (presque) totalement les deux autres. Ainsi de nombreux investissements sont labellisés pour l’excellente note en gouvernance des entreprises qui le composent alors que leur note environnementale est médiocre voire mauvaise.

On peut alors voir certaines entreprises comme Total se retrouver parmi les meilleurs élèves pour leur très bonne gestion de la relation avec leurs actionnaires.

C’est bien, mais pas sûr que ça soit vraiment ce qui compte pour la planète…

Un manque d’homogénéité

Contrairement à Greenfin, qui donne un cadre précis sur les entreprises éligibles (exclusion sectorielle, thématique, impact…), ISR ne met pas en place de référentiel précis ni de recommandation sur ce qu’est un investissement responsable.

Les gérants sont libres d’appliquer une méthodologie qui leur est propre (même si elle doit au préalable être validée par un organisme de certification).

Et comme bien souvent dans ces cas, il y a d’excellents élèves (comme Mirova) mais d’autres sont beaucoup moins bons, voire mauvais.

On se retrouve donc avec un label sans homogénéité et qui perd une grande partie de son intérêt.

La conclusion logique de tout ça, c’est que bien souvent le label est accusé de greenwashing.

Chez Green-Got, nous pensons que ce n’est pas tout à fait le cas. Ce label est souvent pris pour ce qu’il n’est pas, à savoir la garantie d’un investissement respectueux de la planète ou d’un investissement vert. Mais tous les fonds ayant ce label ne sont pas mauvais.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le dernier rapport de l’AMF sur ce sujet demande une totale refonte de la labellisation, portant sur une clarification de son rôle.

Et cette fois-ci, l’échelle européenne devrait être retenue.

En attendant que l’Union Européenne arrive à se mettre d’accord sur le futur de l’investissement responsable, chez Green-Got on vous aide à y voir plus clair en la matière en vous proposant des investissements thématiques, avec comme critère de sélection l’impact sur l’environnement et pas simplement l’obtention d’un diplôme. ;)

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