Néobanque, banque en ligne et banque, quelles différences ?

Sur Internet, dans le métro, aux infos,... depuis quelques années, on entend régulièrement parler d’un nouveau venu dans le monde des banques : les néobanques ! Héritières des banques en ligne, pensées pour fonctionner 100% depuis votre smartphone, elles ont su séduire des millions d’utilisateurs et utilisatrices dans toute l’Europe !

Si vous n’êtes pas familier du terme, en français, néobanque signifie simplement “nouvelle banque” ! On parle aussi souvent de banque mobile pour désigner les néobanques, dont les produits ne sont accessibles que par le biais d’une application mobile. Ceci étant dit, ce n’est pas aussi simple que ça. Toutes les banques nouvelles ne sont pas pour autant « néo ». Une néo-banque, c’est donc autre chose.

On dit souvent d’elles qu’elles sont gratuites, transparentes, faciles et agréables à utiliser, bref beaucoup plus pratiques et sympathiques que la banque traditionnelle de vos grands-parents comme le Crédit Agricole ou BNP Paribas. Qu’en est-il réellement ?

Comme toujours, la réalité est plus nuancée, il existe sans doute autant de définitions qu’il existe de néobanques ! Elles ont des caractéristiques communes et des spécificités par rapport aux banques en lignes et aux banques traditionnelles. Pour y voir plus clair, nous vous proposons une petite analyse comparative de ces dernières arrivées dans le secteur des fintechs.

Banque, banque en ligne et néobanque : quelles définitions ?

Avant de vous parler plus en détail des spécificités des banques en ligne et des néo-banques par rapport aux banques traditionnelles, essayons d’abord de comprendre ce qu’est une banque.

Banque traditionnelle

Qu’est-ce qu’une banque ?

Une banque est une institution financière qui fournit des services bancaires, soit notamment de dépôt (la mise à disposition de compte courant ou de compte épargne), de crédit (via l’octroi de prêt) et de paiement (chèques, virements, cartes, etc.).

Lorsque l'on parle de banque on s’attend à avoir des termes et un vocabulaire très réglementés (n’est pas banque qui veut). Et c’est vrai puisque l’ACPR* (l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) veille au grain.

*ACPR : Adossée à la Banque de France, l'Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) est en charge de l’agrément et de la surveillance des établissements bancaires, d’assurance et de leurs intermédiaires, dans l’intérêt de leurs clientèles et de la préservation de la stabilité du système financier.

N’est pas banque qui veut

Toute institution proposant ces services ne peut pas se déclarer banque. Le terme est encadré par l’ACPR et repose sur une définition inscrite dans le Code monétaire et financier.

En général, pour dire qu’un agent financier est une banque, il doit posséder une licence d’Établissement de Crédit (licence bancaire) que l’ACPR lui accorde et qui lui permet d’effectuer des prêts à des entreprises (avec des comptes pros) ou à des particuliers.

Selon l’ACPR, une banque est donc une “personne morale qui effectue à titre de profession habituelle des opérations de banque au sens de l'article L.311-1 du Code monétaire et financier”, qui dit que les “opérations de banque comprennent la réception de fonds remboursables du public, les opérations de crédit, ainsi que les services bancaires de paiement”.

En contrôlant l’octroi des prêts, elles ont un pouvoir très important sur nos économies. Malheureusement, elles l’utilisent encore trop souvent pour financer des actifs carbonés comme les énergies fossiles.

L’ACPR contrôle ce qui se passe dans le secteur bancaire, notamment sur l’utilisation de la dénomination banque par les agents financiers. Même sur internet ou dans la presse tout le monde ne peut pas se présenter comme une « banque ». D’ailleurs, c’est assez logique, on ne rigole pas avec l’argent et la sécurité ! Pourtant, les abus de langage sont légion. Nombreux sont les journalistes qui utilisent les néologismes de néo-banque ou banque en ligne pour désigner des agents financiers qui n’en sont pas tout à fait. Certains de ces acteurs financiers utilisent eux-mêmes ce terme pour se présenter, plus compréhensible par le grand public que celui d’”agent prestataire de services de paiements”.

La création monétaire, l’autre pouvoir des banques

Une autre spécificité des banques dans leur définition légale, repose dans leur capacité à créer de la monnaie. En effet, aujourd’hui, la monnaie ne dépend plus des métaux précieux, elle est majoritairement créée lorsque les banques accordent des crédits à leurs clients et clientes. C’est là qu’on parle de création monétaire. Il s’agit d’un simple jeu d’écriture, qui fonctionne également pour détruire la monnaie, après le remboursement du prêt. Cette activité est cependant étroitement encadrée par les banques centrales, garantes de la stabilité monétaire.

À regarder : Notre vidéo youtube sur la création monétaire !

Crédit, création monétaire sont des compétences réservées aux banques. Ainsi, toutes les banques sont des agents financiers, mais tous les agents financiers ne sont pas des banques !

Banque en ligne

Une banque en ligne, est un terme utilisé pour désigner une banque dématérialisée. C’est-à-dire que les banques en lignes n’ont pas d’agences bancaires physiques comme les banques traditionnelles que l’on trouve au coin de chaque rue. La création et la gestion du compte bancaire et des opérations quotidiennes se font directement depuis son espace client sur le site internet.

En revanche, officiellement, elles se doivent d’être un établissement de crédit pour pouvoir utiliser le terme de banque en ligne pour se définir. Ce qui n’était pas toujours le cas aux débuts des banques en ligne même si la plupart le sont devenues aujourd’hui.

C’est l’apparition et le développement d’internet et des services numériques au milieu des années 2000 qui ont permis l’apparition des banques en ligne. C’est Banque Directe qui est la première-née des banques en ligne françaises, filiale du groupe BNP Paribas. Et elle a été créée en... 1994 !

Se sont ensuite développées les autres banques en ligne que l’on connait aujourd’hui : Boursorama, Fortunéo, Monabanq, Hello Bank,... Elles sont en réalité détenues (dès l’origine ou suite à un rachat) par de grands groupes bancaires et assurantiels traditionnels.

Les plus grandes d’entre elles comptent aujourd’hui plusieurs millions d’utilisateurs et utilisatrices en France. Néanmoins, elles sont encore à la recherche d’un modèle économique viable puisque la majorité d’entre elles sont encore dépendantes du financement de leurs maisons-mères et dépensent énormément d’argent en acquisition de clientèle (les fameuses “primes de parrainage”).

Néobanque

Une néobanque, est-ce la même chose qu’une banque en ligne ?

Une néobanque, se différencie d’une banque par son offre 100% digitale sur smartphone. Les néobanques sont apparues dans les années 2010. Quand elles sont arrivées en France, N26 l’Allemande ou Revolut la Britannique, les deux pionnières, ont adopté le terme néobanque (neobank en anglais, mais on retrouve aussi le terme challenger bank) car le terme n’était pas encore régulé. Depuis, tous les acteurs financiers qui proposent des services de paiement par carte bancaire adaptés au mobile ont adopté ce nom, bien que tous ne soient pas des banques au sens d’agent financier ayant un agrément d’établissement de crédit (ce sont souvent des agents prestataires de services de paiement ou agents emoney). Certains le sont devenus par la suite, comme N26.

Un terme générique ?

En revanche, sur l’aspect réglementaire, l’ACPR a rappelé en avril 2021 que le terme banque - et par extension le terme néobanque - ne peut être attribué et donc utilisé que par des agents financiers qui ont reçu l’agrément d’établissement de crédit. Cet agrément est délivré par la Banque Centrale Européenne à la suite d’une proposition réalisée par l’autorité nationale, l’ACPR pour la France ou la BNB pour la Belgique.

Même si le terme est donc en théorie réservé aux acteurs disposant d’une licence d’établissement de crédit, à l’usage, beaucoup d’acteurs ne disposant pas de cette licence continue de l’employer ou sont désignés comme tel. On retrouve donc parmi les néobanques (au sens générique et pas légal), des acteurs comme Shine, Vybe ou encore Green-Got qui proposent entre autres des comptes courants et des produits d’épargne.

En pratique, quelles sont leurs différences ?

Agence vs ordinateur vs smartphone

Les banques traditionnelles, si elles ne sont pas là depuis toujours, elles existent depuis déjà longtemps. La Société Générale par exemple a été créée en 1864 ! Leurs activités se sont étendues, jusqu’à se mondialiser dans la seconde partie du XXème siècle. Ce qui les caractérise néanmoins, c’est leur maillage territoriale via un réseau d’agences. En effet, chaque client ou cliente peut ouvrir son compte dans l’agence la plus près de son domicile et le gérer avec l’aide d’un conseiller ou conseillère. C’est ce qui va profondément changer avec l’arrivée des banques en lignes.

Les banques en ligne (ou banque digitale) comme Fortuneo ou Boursorama sont apparues il y a une quinzaine d’années avec le développement d’internet. Elles ont bousculé le secteur bancaire. Elles ont parfaitement su se développer avec internet en ne proposant plus d’agences physiques : tout se fait en ligne, via le site internet de la banque. En revanche, de la même manière que les banques traditionnelles ont été lentes beaucoup d’entre elles sont encore très en retard sur tous les aspects mobiles et leurs applications sont plus lentes et moins ergonomiques. Elles n’ont pas toujours su stabiliser leur modèle économique, comme le montre la récente annonce d’ING qui met fin à ses activités après 20 ans de pertes.

De la banque universelle à la banque ultra spécialisée

Si la première différence est liée à la période de création (années 1900 vs. 2000 vs. années 2010), une autre différence repose sur l’expérience utilisateur et utilisatrice, et les cibles de l’offre. Contrairement aux néobanques, vous ne pourrez pas ouvrir de compte dans une banque en ligne ou une banque traditionnelle en moins de 10 minutes et il faudra probablement envoyer plusieurs courriers. Beaucoup de banques demandent aussi des revenus élevés, ce qui n’est pas le cas des néobanques.

Les néo-banques, les banques en ligne et les banques traditionnelles proposent les mêmes services de base qui permettent de payer, de recevoir de l'argent, de retirer de l’argent, de suivre son budget, de bloquer sa carte, d’épargner ou encore d’avoir accès à un service client. En revanche, les modalités d’accès à ces fonctionnalités ont évolué : de l’agence au site web avec les banques en ligne, à l’application sur smartphone avec les néobanques. Par ailleurs, les néo-banques, ciblent un type de client et cliente spécifique : écolos, entrepreneurs, jeunes,... Les fonctionnalités sont donc pensées pour répondre aux besoins spécifiques de chaque public.

Enfin, quelle que soit la structure, son offre qui s’enrichit au fur et à mesure du temps. Boursorama était par exemple un simple site d’informations et il lui a fallu 10 ans pour proposer tous les services qu’elle propose aujourd’hui. De la même manière, si les jeunes néo-banques ne peuvent pas proposer tous les services propres aux banques (et faire de la création monétaire), cela viendra avec le temps !

Des types d’organisation différents

Les néo banques et banques en lignes peuvent correspondre à des types d’organisations différentes. Certaines ont été créées par des grands groupes. C’est le cas de BforBank qui a été créée par le Crédit Agricole ou d’OrangeBank (par Orange et Groupama). D’autres sont à l’origine des fintech indépendantes qui ont été rachetées par la suite par des banques classiques comme Shine (par la Société Générale) ou Nickel (par BNP Paribas). Certaines ont un statut hybride et sont issues d’un rachat mais n’ont pris leur forme actuelle qu’après ce rachat. C’est le cas de Boursorama, acheté par la Société Générale quand elle n’était qu’une plateforme de courtage et depuis devenue une véritable banque en ligne ou bien de Fortuneo (avec Arkea) et d’autres encore sont restées indépendantes comme N26, Revolut ou Qonto.

Les banques traditionnelles sont majoritairement des grand groupes bancaires internationaux. C’est notamment le cas des quatre plus grandes banques françaises : BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et BPCE.

Vous devez maintenant être incollable sur les différences entre une banque traditionnelle, une banque en ligne et une néo banque. Et si vous faisiez un quiz à votre entourage pour tester leurs connaissances ? Et si ça pique leur intérêt et veulent en savoir plus sur les alternatives bancaires qui font du bien à la planète, vous savez où les diriger ! (ici 👉 https://green-got.com).

L’essentiel à retenir

Qu’est-ce qu’une banque ? Selon l’ACPR, une banque est donc une “personne morale qui effectue à titre de profession habituelle des opérations de banque au sens de l'article L.311-1 du Code monétaire et financier”, qui dit que les “opérations de banque comprennent la réception de fonds remboursables du public, les opérations de crédit, ainsi que les services bancaires de paiement”.

Qu’est-ce qui distingue une banque en ligne ? Une banque en ligne est une banque dématérialisée créée avec l’arrivée d’internet. Elle ne dispose pas d’agences physiques, tout se fait depuis le site internet de la banque.

Qu’est-ce qui distingue une néo banque ? Une néo banque correspond à tout acteur qui propose des services de paiement 100% via une application mobile. Les néo banques ne sont pas toutes des banques au sens de l’ACPR et ont tendance à se spécialiser sur un type de clientèle précise.

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