Rapport d'impact du 20 avril 2022 au 20 septembre 2022

Voici maintenant 6 mois que Green-Got a ouvert ses portes et que nous avons réalisé ce que beaucoup pensaient impossible : créer et rassembler une communauté de milliers de personnes, de tous âges et tous horizons, prête à bousculer le monde de la finance pour le mettre au service de la planète.

Il nous aura fallu plus de 2 ans pour passer de l’idée qui nous tenait éveillé·es jour et nuit à ce qu’est Green-Got aujourd’hui. 2 ans pour passer de 1 cofondatrice et 2 cofondateurs : Maud, Fabien et Andréa, à une équipe de plus de 30 personnes accompagnée de… vous, milliers de membres et d’ambassadeurs et ambassadrices. Aujourd’hui, nous en sommes au commencement d'un mouvement pour une banque éthique.

Au commencement d’une formidable aventure qui nous permettra de reprendre la main sur la finance, de la mettre enfin au service du bien commun, de la protection de la planète, de ses habitantes, de ses habitants. La route pour y arriver est encore sinueuse. Si Green-Got est un espoir en plus pour nous et pour beaucoup d’entre vous, c’est aussi la fin d’un monde, d’une finance où tout est permis, pour d’autres. Et ils ne se laisseront pas faire. C’est pourquoi, plus que jamais, nous avons besoin d’avancer ensemble, pour éveiller sur l’importance de la finance et de son impact sur la planète. Car ce projet, c’est le nôtre, c’est le vôtre.

Toute l’équipe est fière et heureuse de vous présenter le premier rapport d’impact de Green-Got. En image, en chiffres, en toute transparence, voici ce que nous avons réussi à faire, nos limites et nos prochains objectifs.

Houston, nous avons un problème.

Vous vous souvenez de l’Accord de Paris ? En 2015, tous les pays se sont mis d’accord pour lutter ensemble face au plus grand défi de l’humanité : la crise climatique. Ils adoptent alors des objectifs forts et concrets !

Sauf que... les banques n’ont pas eu le mémo : depuis l’Accord de Paris sur le Climat, les 60 plus grandes banques mondiales ont alloué 4 600 milliards de $ aux énergies fossiles : gaz, charbon, pétrole.

Pourquoi nos banques financent encore massivement les énergies fossiles ?

Les banques ont un rôle essentiel dans le fonctionnement de l’économie. Leur impact est énorme, mais d’un point de vue environnemental, il est loin d’être positif. Les bilans de nos banques regorgent d’actifs dits carbonés, c’est-à-dire liés au fossile : gaz, charbon, pétrole. Ainsi, 70% des investissements des 6 plus grandes banques françaises dans l’énergie sont consacrés aux énergies fossiles encore en 2017 (Les Amis de la Terre & Oxfam, 2019). Malgré les engagements de neutralité carbone, les décisions d’investissement répondent toujours à une logique de rentabilité court terme, favorisant les actifs fossiles. Ces décisions s’inscrivent aussi dans l’héritage des révolutions industrielles durant lesquelles nos banques sont nées. La quantité énorme d’actifs carbonés que les banques détiennent représente un risque environnemental majeur pour notre avenir, nous conduisant vers un monde à +4°C, mais aussi un risque de crise financière face aux réglementations et au climat qui changent.

Votre argent à la banque est votre 1ère source d’émission de CO₂

Cela renvoie à l’usage qui en est fait directement ou indirectement par les établissements financiers qui le gèrent. Si vous ne le saviez pas, votre argent ne vous attend pas tranquillement dans un coffre en petites coupures à la banque. Il a une vie bien remplie : il est utilisé pour financer ou investir dans l’économie. En France, cela veut encore trop souvent dire financer ou investir dans les énergies fossiles. Si votre banque finance une centrale à charbon, on va considérer qu’elle est responsable des émissions de cette centrale au prorata de son investissement ou de son financement.

Les émissions de CO₂ de votre banque, et donc de votre argent dans cette dernière, sont celles qu’elle a rendues possibles par l’allocation des fonds qui ont permis l’émission de gaz à effet de serre. Ainsi, les émissions issues des activités de financement et d’investissement des quatre principales banques françaises représentent 4,5 fois celles de la France toute entière (Les Amis de la Terre & Oxfam, 2019). Aujourd’hui, tous les efforts que vous faites pour la planète sont bien trop souvent annulés par l’impact de votre argent à la banque.

Si toute l’épargne des Français et Françaises était allouée à des projets à impact, ce seraient 5 000 milliards d’€ qui feraient avancer la transition.

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Un impact grandissant au-delà de nos frontières

Préserver l’Amazonie, un lieu à la biodiversité exceptionnelle

5,5 millions de km². 9 fois la superficie de la France. C’est la superficie de la forêt amazonienne, la plus grande forêt tropicale du monde. La forêt amazonienne est une richesse inestimable et a un rôle clé pour le climat et le vivant.

L’Amazonie est ce que l’on appelle un puits de carbone : elle renferme entre 80 et 120 milliards de tonnes de carbone selon une étude de Greenpeace (soit 450 milliards de tonnes de CO₂), captées grâce à l’action de sa végétation. Par le mécanisme de photosynthèse, la végétation capte du dioxyde de carbone (CO₂) en grande quantité et le stocke sous forme solide. Elle libérerait également 6% de l’oxygène présent dans notre atmosphère. La forêt amazonienne est également un habitat pour de nombreuses espèces animales et végétales qui vivent en interdépendance. Selon WWF, on y recense plus de 3 000 espèces de poissons d’eau douce, 40 000 espèces de plantes, 370 espèces de reptiles et au moins 10% de la biodiversité mondiale, dont nous ne connaissons qu’une faible partie.

Enfin, de nombreux peuples autochtones continuent aujourd’hui de subvenir à leurs besoins quotidiens grâce à la forêt amazonienne. Elle compte à elle seule 34 millions d’habitants et habitantes dont des centaines de milliers de peuples autochtones. Préserver ces écosystèmes, c’est donc aussi préserver les ressources et habitants et habitantes de populations qui y vivent et en vivent depuis des générations.

La déforestation pour planter le soja du bétail

Selon Carlos Nobre, météorologiste et scientifique brésilien, spécialiste de l’Amazonie, près de 17% de la forêt amazonienne a déjà été déboisée. On estime aujourd’hui que 50% de la forêt pourrait disparaître d’ici 2050. En 2021, ce sont en moyenne 18 arbres par seconde qui ont disparu dans cette région (étude indépendante de la plateforme collaborative MapBiomas) : coupés ou partis en fumée, cette déforestation participe au réchauffement du climat et diminue la capacité de puits de carbone de l’Amazonie. Selon les scientifiques, la forêt amazonienne approche aujourd’hui d’un point de bascule où elle émettrait plus de CO₂ qu’elle n’en absorbe.

Ces arbres ne sont pas coupés ou ne brûlent pas par hasard : chaque année, des centaines de milliers d’hectares de ces terres très fertiles sont brûlés pour faire place aux plantations de soja qui nourriront le bétail et la viande que nous mangeons. De plus, le droit foncier brésilien permet de facilement acquérir, de défricher et de cultiver des terres non utilisées ou qui ne sont la propriété de personne. C’est ce flou juridique qui permet aux géants de l’agroalimentaire de raser la forêt pour y planter du soja ou de l’utiliser pour l’élevage du bétail. C’est pourquoi il est nécessaire de permettre aux populations locales de revendiquer leurs droits sur ces parcelles de forêt pour éviter leur défrichement.

Dépolluer les mers et les océans : le plastique ce n’est plus fantastique

Les mers et les océans sont un trésor considérable. Ils recouvrent 70% de la surface terrestre. Puits de carbone, source de nourriture, régulateurs du climat ou encore réservoir de biodiversité, ils ont un rôle essentiel. Selon la FAO, 10% de la population mondiale tirent leurs moyens de subsistance de la pêche. La pêche est une source de revenus considérable, en particulier pour les familles à faibles revenus, contribuant directement à leur sécurité alimentaire. De nombreuses populations sont ainsi dépendantes de la pêche pour leur survie.

Les océans ont aussi un rôle de régulateur du climat, puisqu’ils absorbent jusqu’à 30% du CO2 mondial émis chaque année par les activités humaines (soit par simple dissolution du gaz dans l’eau, 90% de l’absorption, soit par le mécanisme de photosynthèse des espèces végétales vivant en suspension dans l’eau, les phytoplanctons, 10% de l’absorption). Enfin, les océans sont l’habitat de nombreuses espèces animales et végétales. Par exemple, les récifs coralliens sont à eux seuls un réservoir de biodiversité essentiel pour la faune marine. Ils abritent 25% de la vie marine pour seulement 0,25% de la surface des océans.

Le plastique ça n’a jamais été fantastique

Aujourd’hui, ces écosystèmes marins sont fortement impactés par la pollution humaine, et notamment par la pollution plastique. Ce sont 88% des espèces marines qui seraient affectées par la pollution plastique dans les océans. Le plastique est partout : dans nos sols, dans nos assiettes, dans nos rivières et dans nos océans. Il y a quelques années, l’explorateur Victor Vescovo a même retrouvé un sac plastique à près de 11 000 mètres de profondeur, dans la fosse des Mariannes, le point le plus profond de la surface terrestre. Il faut jusqu'à 600 ans pour dégrader complètement certains déchets plastiques dans la mer. Ils peuvent donc s’accumuler et former des continents de plastiques ou pire, se retrouver dans l’estomac, voire dans la chair des animaux marins et leur créer des troubles mortels.

Nous ne sommes pas épargné·e·s : d’après une étude de l’Université de Newcastle, nous ingérons en moyenne chaque semaine 5g en microplastiques, soit l’équivalent de notre carte Green-Got en PVC recyclé. Et on en connaît encore mal les effets sur notre santé. Au-delà de la présence du plastique dans la chaîne alimentaire, cette pollution impacterait des écosystèmes essentiels comme les mangroves ou les récifs coralliens, qui jouent un rôle dans la protection des littoraux face aux événements climatiques comme les ouragans ou les typhons. La perte de biodiversité qui en résulte rend les écosystèmes marins plus fragiles face aux conséquences du réchauffement climatique.

Produire de l’électricité bas carbone grâce aux énergies renouvelables

Un mix énergétique fortement carboné. En tenant compte des émissions relatives à l’extraction et à la transformation, le secteur de la production d’énergie représente plus du tiers des émissions mondiales de GES (gaz à effet de serre), soit environ 34 % en 2010 selon le GIEC.

Dans de nombreux pays dans le monde, la première source d’émissions de CO₂ est la production d’électricité. Cela s’explique par le fait que les centrales thermiques à flammes (utilisant du charbon, du gaz ou du fioul) restent encore la source de production d’énergie majoritaire dans ces pays, avec l’utilisation d’énergies fossiles, fortement émettrices de gaz à effet de serre. L’Inde et la Turquie n’y échappent pas. Pour ce qui est de l’Inde, le charbon comptait pour près de 75% de la production d’électricité du pays en 2018 selon l’Agence Internationale de l’Énergie. Il émet en moyenne plus de 1 000g de CO₂eq par kWh produit. Le dilemme est important pour ce pays, puisqu’une partie de la population n’a toujours pas accès à l’électricité, population qui est également fortement impactée par la pollution de l’air aux particules fines (notamment liées au charbon).

Enfin, le savoir-faire technique et l'argent manquent pour contribuer davantage à la production d'énergie à partir de sources renouvelables. La Turquie, elle, a émis en moyenne 400g de CO₂eq par kWh d’électricité produit sur les 12 derniers mois. Cela est principalement dû aux centrales à charbon et au gaz qui représentent presque 50% du mix électrique turc en 2019, selon l’AIE. De plus, la consommation électrique par habitant et habitante en Turquie a été multipliée par deux en 15 ans. Par comparaison, le mix électrique français a émis en moyenne 80g de CO₂eq par kWh d’électricité produit sur les 12 derniers mois (selon Electricity Maps).

Développer de l’électricité bas-carbone

Dans son avertissement le plus important à ce jour, l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) a appelé le 18 mai 2021 à « réduire drastiquement les énergies fossiles » si nous voulons respecter l’Accord de Paris sur le Climat et atteindre la neutralité carbone au niveau mondial d’ici à 2050. Réaliser cette transition n’est pas simple : il s’agit à la fois de décarboner le mix énergétique mondial en se tournant vers des énergies décarbonées et renouvelables, mais aussi de réduire notre demande d’énergie et d’en répartir également l’accès.

C’est pourquoi le financement du développement des énergies vertes et renouvelables via la finance, et notamment grâce aux investissements des membres de Green-Got est une des priorités pour éviter le dérèglement climatique.

Reminder : Sobrieté is Queen (& King)

Le CO2 évité ou stocké grâce aux projets financés par votre compte courant Green-Got ne sert pas à compenser les émissions associées à vos dépenses du quotidien. Contribuer à stocker ou éviter du CO2 ne permet pas de réduire ses propres émissions. Il reste essentiel de réduire les émissions à la source. C’est pour cela que nous avons intégré dans votre application Green-Got un calculateur de CO2 qui vous permet de suivre les émissions de CO2 de vos dépenses au quotidien.

Nous travaillons pour affiner toujours plus les émissions associées à vos dépenses, afin de vous permettre de savoir quels sont vos plus gros postes d’émissions et de trouver des alternatives décarbonées. Comme mentionné plus haut, la sobriété reste essentielle et chaque tonne de CO2 compte pour limiter le dérèglement climatique.

Encore plus d’impact avec Green-Got

Nos choix d'investissements pour une finance (vraiment) durable

Dans quelques semaines, vous allez pouvoir, grâce à l’épargne Green-Got, investir directement dans la transition écologique et énergétique. La raison d’être de Green-Got est de réorienter les flux financiers pour financer la transition et de vous permettre de choisir le monde que votre argent finance.

Maintenant que le Compte Courant est prêt, nous nous attelons à la 2ème marche : l’investissement sous forme d’Assurance-Vie pour investir dans les entreprises de la transition. Cette épargne est le levier qui va permettre de rediriger les flux financiers des énergies fossiles vers la transition écologique.

💡 Pourquoi une Assurance-Vie ?

Car c’est le produit financier préféré des Françaises et Français, puisqu’ils et elles y détiennent plus de 1 800 milliards d’euros. Pourquoi cet amour ? Car elle est très flexible et permet d’investir dans des entreprises côtées ou non-côtées via des achats en actions ou en dette tout en permettant de conserver une liquidité intéressante en cas de besoin.

Mais là encore, pour nous, ce n’est qu’une étape et nous travaillons sur la mise en place de livrets, de crowdfunding et beaucoup d’autres qui permettront à nos membres de contribuer toujours plus et de façon innovante au financement de la transition.

Une exclusion sectorielle stricte

Nous ne nous basons pas sur la méthodologie Best In Class qui consiste à ne sélectionner que les “bons élèves” d’un secteur même si ce secteur est polluant. Nous ne soutiendrons donc aucun pétrolier, même s’il est le “moins pire” : nous soutiendrons les acteurs des secteurs qui comptent pour la transition.

+ d’ambition que la trajectoire 2°C

Nous financerons des entreprises dont la trajectoire climat permet de rester en dessous des 2°C de réchauffement. Nous financerons aussi des activités dites habilitantes, c’est-à-dire qui permettent de réaliser la transition de la société, comme des entreprises d’infrastructures bas-carbone.

Les labels, mais pas que

Pour sélectionner les fonds qui permettront d’investir dans les entreprises de la transition, nous nous appuierons notamment sur le label Greenfin mais nous travaillons aussi avec des experts des données extra-financières pour aller plus loin dans l’analyse. Les fonds sélectionnés devront contribuer de façon substantielle à l’un des six piliers de la transition écologique et les entreprises de ces fonds ne devront pas causer de préjudice significatif à ces piliers.

Prise en compte des émissions évitées : le scope 4

C’est le scope 4 du GHG protocol dont on parle encore peu, mais qui est pourtant l’un des plus importants. Les émissions évitées sont les réductions d'émissions qui se produisent en dehors du cycle de vie ou de la chaîne de valeur d'un produit, mais qui résultent du remplacement d’un usage ou d’un produit par la mise en place d’un nouveau produit. Ce qui importe ici, c’est le différentiel entre la quantité de CO2 émise par l’ancien et le nouveau produit.

Le saviez-vous ? L’entreprise Green-Got pollue.

Nous sommes engagé·es dans la lutte contre le dérèglement climatique, c’est notre raison d’être et nous y mettons toute notre énergie, mais les activités quotidiennes de Green-Got ainsi que celles de ses employé·es dans le cadre de leur travail émettent des émissions de gaz à effet de serre. Pour savoir quels sont les postes les plus émetteurs ainsi que nos leviers pour réduire nos émissions, nous avons fait notre bilan carbone avec la méthodologie du Bilan Carbone® et du GreenHouse Gas Protocol. Nous vous encourageons d’ailleurs toutes et tous, à titre individuel, mais aussi professionnel, à le faire. On ne peut pas réduire ce qu’on n’a pas mesuré.

L’empreinte carbone de Green-Got est 4 fois moins élevée que la moyenne d’intensité carbone des collaborateurs et collaboratrices des entreprises analysées par Sami sur un échantillon d’entreprises start-ups, TPE, PME et ETI. L’intensité carbone est calculée en prenant en compte les déplacements (domicile-travail et professionnels), la restauration, les produits informatiques, le bureau et le télétravail, rapporté au nombre de collaborateurs et collaboratrices. Une entreprise de taille similaire dans le secteur tertiaire émettait en moyenne 167 tCO2e en 2021, soit 12x plus que Green-Got sur la même période.

Depuis le début de l’aventure Green-Got, nous alignons nos paroles à nos actes. C’est pourquoi depuis notre création, nous avons mis en place des mesures pour limiter nos émissions de CO₂ : télétravail facilité, repas végétariens favorisés, voyages en train lors des déplacements pour les séminaires d’équipe, transports en commun.

Pour ce bilan carbone, nous avons travaillé avec Sami, une structure indépendante dont la mission est de démocratiser l’engagement climat des entreprises en donnant à chacune les moyens de mesurer son empreinte carbone.


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