Quel est le rôle des banques ?

En France, quasiment 100 % de la population est bancarisée, c’est-à-dire qu’elle possède un compte en banque. Ce n’est pas une obligation, plutôt un droit, mais difficile de s’en passer à l’ère moderne… Pourtant, avec la succession des différentes crises économiques, le désir montant de « sociétés alternatives » ou encore l’arrivée de la crypto-monnaie, la question se pose : les banques sont-elles vraiment essentielles ? Faisons le point sur le rôle des banques dans l'économie.

Les principaux rôles de la banque

Si vous lisez notre (incroyable) article sur l'histoire des banques, vous comprendrez que celles-ci se sont développées petit à petit pour répondre aux nouveaux besoins de la société, et faciliter l’expansion du commerce. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? À quels besoins concrets répondent nos banques modernes ? Let’s récapitule.

Sécuriser et valoriser l’épargne (une histoire de cochons)

La tirelire-cochon, c’est bien, le matelas rempli de billets aussi, mais ce n’est pas le plus pratique quand même. Ni dans la vie de tous les jours, ni lorsque vous avez envie de voyager un peu plus loin qu’à la boulangerie du coin.  

Bon, il y aussi le cas où votre maison brûle. Ou est inondée (l’accélération du dérèglement climatique, tu connais). Mais passons.


L’info pour briller en soirée : pourquoi les tirelires sont-elles souvent en forme de cochon ? 

Dans les campagnes du XVIIIe siècle, le porc représentait un investissement sûr à moyen terme. Les éleveurs veillaient à bien les engraisser jour après jour pour en profiter au maximum au moment de le tuer et de le vendre. C’est pourquoi les tirelires ont pris cette forme symbolique et étaient faites de porcelaine : on devait les briser pour en récupérer le contenu. Sympatoche.


L’autre problème avec votre argent stocké dans une tirelire, c’est qu’il dort (contrairement au vrai cochon qui s’engraisse !) et qu’il peut même perdre en valeur au fil du temps selon le cours de l’inflation (augmentation des prix des biens ou services) ou des taux de change (variation du prix des différentes « devises » : euro, dollar, etc.). 

C’est pour cette raison que l’argent est généralement « placé » ou « investi ». Et pour cela, il existe plusieurs options :

  • L’option « cochon maigre, mais docile » : ce sont les fameux « comptes-épargne », regroupant les livrets réglementés par l’État (Livret A, LEP, LDD Livret Jeunes) et l’épargne logement (PEL, CEL). Dans cette situation, on parle de « placement bancaire », car votre argent est mis à disposition de la banque (eh oui, il ne vous appartient plus réellement, la banque peut l’utiliser !). Mais pas de panique : à part si elle fait faillite, elle est tenue de vous le rendre, et en échange vous recevez des (petits) taux d’intérêt. C’est le placement le plus simple et sécurisé, mais les revenus sont faibles, et même négatifs, si l’on tient compte de l’inflation.

  • L’option « cochon dodu, mais instable » : la banque vous ouvre un « compte-titres » et s’occupe de gérer pour vous des transactions sur les marchés financiers, soit l’achat et la revente de « titres financiers » appelés aussi « actifs financiers » (les « actions », « obligations », etc.). Ce sont des investissements plus risqués, mais bien plus lucratifs.

Les mots « actions », « obligations » ou « fonds d’investissement » vous laissent perplexes, ou pire, vous font peur ? On explique ça très simplement dans un chouette article parlant d’écureuils et de noisettes (pour changer des cochons).

Gérer les moyens de paiement (ou le jeu du cash-cash)

Au cours de l’Histoire, les civilisations ont essayé plusieurs types de monnaie d’échange (bétail, blé, coquillages, gros cailloux…) avant d’opter à l’unanimité pour l’usage de métaux précieux, échangés au poids. Cependant, comme se balader avec une brouette d’or est plutôt risqué et encombrant, de nouveaux moyens de paiement se sont développés grâce aux banques : monnaie papier, monnaie en métal non-précieux, monnaie dématérialisée…

 Aujourd’hui, nous avons donc à disposition un large panel de moyens de paiement : 

  • La monnaie physique ou « liquidités », soit les pièces et les billets. On l’appelle monnaie « fiduciaire », qui veut dire « fondée sur la confiance », car le papier ou métal utilisé n’a pas de valeur en soi : un billet de 500 euros n’a de la valeur que parce que j’ai confiance dans le fait qu’il en a. Dans le jargon bancaire, on parle aussi de « monnaie centrale », car seule la Banque Centrale est autorisée à la créer. 

  • La monnaie immatérielle, qu’on appelle « monnaie scripturale », car elle est créée, transférée et détruite par une simple écriture comptable (sur papier ou codée dans un ordinateur) : chèque, carte de crédit, virement ou prélèvement bancaire, paiement mobile, etc. 

La diversité des moyens de paiement et la dématérialisation croissante de la monnaie (plus de 90 % de la monnaie est virtuelle !) ont permis une plus grande fluidité et sécurité des échanges économiques. 

C’est notamment pour ce service complexe, qui va de pair avec l’ouverture et la gestion d’un compte, que nous payons des frais bancaires. Cela inclut également le coût des échanges interbancaires réalisés en coulisses par nos banques. À la différence d’autres pays, la France jouit d’ailleurs d’une grande interbancarité : c’est ce qui nous permet de payer avec le moyen de paiement désiré dans presque toutes les enseignes existantes.

Enfin, ajoutons également au rôle des banques leur capacité à nous fournir de la monnaie en devise étrangère : c’est le service de change. Et parce qu’on n’arrête pas le progrès, certaines banques (notamment les néobanques) proposent désormais le retrait et/ou le paiement sans frais à l’étranger. Plus besoin de cacher des dollars dans ses chaussettes.

Accorder des crédits (aka le Graal)

Les crédits, c’est ce qui permet de faire avancer la machine économique. D’une part, sans crédits, il peut être compliqué de payer ses études, de s’acheter une voiture pour se déplacer (mais les transports en commun, c’est la vie !), ou de développer une entreprise : soit de participer à la création de richesses et d’emplois

D’autre part, chaque crédit permet de produire de la nouvelle monnaie. Eh oui, la banque ne vous prête pas l’épargne de ses autres clients ou clientes, elle modifie simplement des chiffres dans un ordinateur : c’est le principe de la création monétaire. Cette monnaie virtuelle toute fraîche est alors injectée dans l’économie et la nourrit. Attention : lorsque le crédit est remboursé, la monnaie est bien détruite (on parle de « destruction monétaire »), mais entre-temps, celle-ci a permis d’huiler la machine. Bien sûr, il ne faut pas en créer en excès et que la machine s’emballe, au risque de provoquer de l’inflation. C’est pourquoi la Banque Centrale (la « banque des banques ») tient un rôle important : celui de réguler la masse monétaire (volume de monnaie) disponible dans l’économie. 

Ce rôle de régulateur, c’est aussi pour éviter que les banques prennent trop de risques : le risque de ne pas être remboursé·e, mais aussi le risque d’« illiquidité » (manque de monnaie centrale) si elles octroient trop de crédits par rapport à ce qu’elles disposent réellement. C’est pourquoi une banque est toujours en droit de vous refuser un prêt. 

Servir d’intermédiaire financier (option « Le Cochon de Wall Street »)

Le dernier rôle des banques est de conseiller leurs clients et clientes, c'est-à-dire les aider à faire les meilleurs choix dans la gestion de leur argent. Cette activité est notamment développée auprès des grandes entreprises ou aux particuliers avec un patrimoine conséquent, dans le but de réaliser des transactions de grande envergure sur les marchés financiers. On parle alors d’« intermédiation financière ».

D’ailleurs, ça veut dire quoi faire les meilleurs choix ? Ce sont les choix ayant le meilleur rapport bénéfice/risque. Et au cas où vous vous poseriez la question : non, c’est généralement sans prendre en compte les critères sociaux ou environnementaux de l’opération. Heureusement, il est désormais possible de faire des choix rentables, sécurisés ET responsables !  

Changer le monde ?

Comme on l’a vu, les banques sont le premier carburant de la machine économique. Leur impact est donc ÉNORME. 

Et justement, en parlant de carburant… Aujourd’hui, la majorité des investissements bancaires alimentent le secteur des énergies fossiles (751 milliards de dollars en 2020, si on observe l’activité des 60 plus grandes banques du monde). Notre argent pollue donc énormément.

Mais il peut aussi faire l’inverse ! Imaginons que ces investissements massifs soient d’abord dirigés vers des industries respectueuses de la planète : les banques deviendraient alors le premier levier de la transition écologique.

Impossible, vous dites ? On vous invite à regarder nos autres articles sur le sujet…

De la banque privée à la néo-banque, quels sont les différents types de banques ?

On espère que le rôle des banques est un peu plus clair pour vous. Seulement voilà, des banques, il y en a beaucoup : est-ce qu’elles proposent toutes la même chose ?  

Allez, c’est parti pour 50 nuances de banques. 

Banques privées, banques publiques

En France, la quasi-totalité des organismes bancaires sont des entreprises privées : on parle de banques commerciales. La seule institution publique est la Banque Centrale Nationale (BCN), appelée Banque de France et directement assujettie à la Banque Centrale Européenne (BCE). Elle est néanmoins indépendante de l’État depuis 1994, et contrairement au mythe populaire, elle seule peut actionner la célèbre « planche à billets ».

Notez aussi que le système fonctionne différemment selon les régions du monde. Par exemple, la Banque centrale des États-Unis (la FED : Federal Reserve Board) est une banque privée appartenant aux banques commerciales.  

Banques commerciales : à chacun et chacune la sienne 

Toutes les banques privées ne s’adressent pas aux mêmes publics. Si on dresse la liste, on trouve trois grands types : 

  • les banques de détail ou banques de dépôt, qui s’adressent aux particuliers et petit·es entrepreneurs et entrepreneuses,  

  • les banques d’investissements ou banques d’affaires, s’adressant aux grandes entreprises, 

  • et les banques universelles, qui s’adressent aux deux.

Il existe aussi des banques spécialisées au statut hybride destinées exclusivement aux particuliers avec un patrimoine important. 

Enfin, depuis quelques années on observe le développement des banques digitales. Mais quelles sont leurs différences avec nos banques traditionnelles ?

Banque digitale : de quoi parle-t-on ?

Les banques digitales, c’est une génération de banques 100 % en ligne permettant une gestion de compte entièrement dématérialisée. Cela englobe les banques en ligne, néobanques, banques mobiles, etc. Voici les petites distinctions à connaître : 

  • Une « banque en ligne » désigne généralement une banque digitale dont l’activité est affiliée à celle d’une banque traditionnelle. Par exemple : Boursorama (Société Générale) ou Hello Bank (BNP).

  • Une « néobanque » ou « néo-banque » désigne un établissement financier en ligne qui n’est pas directement rattaché à une banque traditionnelle. On l’appelle aussi « banque mobile », car elle se concentre sur un accès 100 % mobile depuis une application. Par exemple : N26, Revolut ou des solutions financières alternatives comme Green-Got…  


L’info pour briller en soirée

Les néobanques sont aussi appelées « fintech » (contraction de financial technologies ou technologies financières). Ce terme regroupe l'ensemble des entreprises créant des solutions innovantes qui visent à repenser le secteur financier. Plutôt cool.


Banques éthiques, le nouveau chic 

Comme vous le savez désormais, l’argent de nos comptes bancaires finance et influence le monde dans lequel nous évoluons. C’est pourquoi, plusieurs alternatives ont vu le jour ces dernières années pour challenger les banques traditionnelles. On parle de finance éthique, et plus particulièrement de : 

  • Banques sociales et solidaires

Ce nouveau modèle est apparu dans les années 1990 avec l’émergence du concept d’économie sociale et solidaire (ESS). Contrairement aux banques « classiques », ces établissements privilégient la recherche du “bien commun” plutôt que la maximisation de leurs profits. Pour cela, ils investissent exclusivement leurs fonds dans des activités et secteurs à haute valeur sociale. Ce sont également des banques qui recherchent avant tout la transparence et la proximité : les clients et clientes ont connaissance de l’origine et de l’utilisation des fonds, et de la manière dont est gérée la banque. 

  •  Banques éco-responsables

Descendantes de cette même vision, ces nouvelles arrivées ont choisi d’œuvrer tout particulièrement pour la cause environnementale. En effet, même si les banques traditionnelles tentent progressivement de se diversifier et de proposer des alternatives plus vertes, ces efforts ne compensent pas leurs investissements massifs dans les énergies fossiles. Une banque éco-responsable, c’est une donc une banque qui financera exclusivement des projets participant à la transition écologique, et qui travaillera avec des acteurs partageant cette vision.

Et un système sans banques, c’est possible ?

C’est la question que beaucoup se posent, devant certaines dérives du système capitaliste en place.

Notre réponse : à l’heure d’aujourd’hui, ce n’est pas vraiment possible. Mais on verra ce que l’avenir nous réserve et il n’est pas tout à fait impossible que la blockchain et les crypto-monnaies jouent un rôle important dans les prochaines années. En revanche, on peut commencer par changer dès aujourd’hui nos banques, pour changer le système. 

L’essentiel

Quels sont les rôles essentiels d’une banque ? Être un lieu de dépôt sécurisé pour l’épargne, mettre à disposition différents moyens de paiement (physiques et virtuels), créer de la monnaie et faire crédit, convertir la monnaie (change), conseiller ses clients et clientes et servir d’intermédiaire sur les marchés financiers. 

Est-ce qu’il y a différents types de banques ? Il faut différencier la Banque Centrale, qui est une institution publique indépendante de l’État et la seule à pouvoir créer la « monnaie centrale » (pièces et billets), et les banques commerciales, qui sont des entreprises privées à but lucratif. Ces dernières peuvent être spécialisées (banque de dépôt, banque d’investissement) ou universelles.

Qu’est-ce qu’une néobanque ? Une banque 100 % mobile : vous gérez vos comptes directement depuis votre smartphone. 

Les banques sont-elles réellement utiles ? Si on supprime les banques, la machine économique s’arrête. La bonne nouvelle ? Il est possible d’utiliser les banques pour développer une économie plus durable et responsable, en dirigeant leurs investissements vers la transition écologique plutôt que dans les énergies fossiles.

Voilà, maintenant, vous savez à quoi sert une banque.

Changez la finance avec nous.

Changeons le monde ensemble.

Me pré-inscrire
hills

Green-Got est le nom commercial de Domino SAS enregistré au RCS de Nanterre sous le numéro 883 981 763. Domino est enregistré auprès de l’ORIAS en tant que Courtier en Assurance et réassurance sous le numéro 21000544 et prévoit de fournir des services sous le statut d’agent prestataire de services de paiement de PPS EU SA établissement de monnaie électronique agréé par la Banque Nationale de Belgique sous le numéro 0712.775.202.

Cette carte est émise par PPS EU SA conformément à la licence accordée par Mastercard® International et est un produit de services de paiement. PPS EU SA est un établissement de monnaie électronique agréé par la Banque Nationale de Belgique. Mastercard est une marque déposée, et le design des cercles est une marque de Mastercard International Incorporated.