Transports bas carbone

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Pourquoi et comment rendre le secteur du transport écologique ?

2ème contributeur des émissions de CO2 mondiales les transports doivent être réinventés pour devenir plus sobres énergétiquement. Mais gare à l’effet rebond, plus de sobriété sur les déplacements demeure indispensable.

Le saviez-vous ? Le secteur du transport est le 2e secteur le plus émetteur de carbone (CO2) dans le monde.

Les émissions de CO2 par secteur et par région
Les émissions de CO2 par secteur et par région

Comme vous pouvez le voir sur ces chiffres du Ministère de la Transition écologique, le secteur le plus important en France en 2020 est celui des transports, d’après l’Agence Internationale de l’Energie. Il représente 137 millions de tonnes équivalent CO2. 

La voiture à pétrole c'est so XXème siècle
La voiture à pétrole c'est so XXème siècle

Il se décompose selon les types de véhicules ci-dessus (Crédit : Ministère de la Transition Ecologique). On constate que la majorité des émissions provient des véhicules particuliers. Ensuite, on notera que seulement 5% des émissions de gaz à effet de serre ne proviennent pas du transport routier (ça ne veut pas dire qu’il faut bannir la voiture et la remplacer par le jet privé, loin de là ! ;)).

En effet, il faut prendre en compte que ce moyen de transport n’est pris que par une petite minorité puisque 50% des vols sont pris par seulement 2% des Français et Françaises ! A l’échelle mondiale, on a atteint un maximum avec 200 000 vols en une journée. A titre de comparaison, plus de 15 millions de voitures se déplacent dans la ville de Paris chaque jour… Le voyage en avion profite donc à peu de gens pour une empreinte carbone très importante.

L’importance des émissions des véhicules particuliers en France se comprend facilement : il y a 38 millions (source ici) de voitures en circulation en France en 2020 et 98% des Français et Françaises utilisent de l’essence ou du diesel comme carburant qui émettent beaucoup de CO2. Les voitures électriques ne représentent pour l'instant que 0,4% des voitures en circulation.

A l’échelle collective, on doit décarboner les transports routiers en priorité et si possible s’en passer. Il est aussi intéressant de regarder à l’échelle individuelle comment on peut drastiquement réduire ses émissions. Là, on voit bien que dans la mesure du possible, il faut proscrire certains transports (en particulier l’avion avec escale) et encourager la mobilité douce et le train.

Graphique à partir des données de l’Agence Européenne pour l’Environnement.
Graphique à partir des données de l’Agence Européenne pour l’Environnement.

A l’échelle d’une personne (Crédit de l'infographie : Agence Européenne pour l'Environnement), le véhicule particulier est l’un des véhicules les plus polluants. Il est bien plus polluant que le vélo et la marche (et ouais logique), et également bien plus émetteur que le train ou le bus. 

La palme revient tout de même à l’avion avec 285g de CO2 par passager par km ! C’est presque le triple des émissions d’un passager d’une voiture et 20 fois ce qu’émet un passager d’un train.

Les enjeux (conséquences) et les défis (changements à opérer) à relever.

Avec ces informations, on comprend facilement l'intérêt d'agir sur ce secteur. Pour mieux cerner l’ampleur du défi, regardons le graphe ci-dessous (Crédit : Carbone 4).

Le secteur des transports va devoir changer (beaucoup)
Le secteur des transports va devoir changer (beaucoup)

Pour résumer : la stratégie nationale bas carbone de la France prévoit que le secteur le plus émetteur du pays, passe de 30% (en 2015) à 0% des émissions en 2050.

Nos dirigeants veulent engager une transformation profonde de nos transports. Bon, c’est pas gagné mais le simple fait d’avoir cette conviction va dans le bon sens.

Y a plus qu’à se mettre en action ! :)

Surtout quand on sait que le secteur va être l'un des plus impacté par les bouleversement climatiques qu'il contribue lui-même à créer :

  • De plus en plus de sécheresses de fleuves comme c’est arrivé pour le Rhin dernièrement et donc un transport fluvial plus compliqué,

  • Des déformations de rails ou des fontes de goudron liées aux vagues de chaleur,

  • Des inondations d’aéroports ou l'impossibilité pour les avions de décoller par trop forte chaleur.

Et on s’arrête là, la liste est longue.

Tout ça peut avoir comme conséquences :

  • Une augmentation des coûts d’approvisionnement en cas de pénurie,

  • Des coûts de délais à cause des conditions de transports dégradées,

  • Une augmentation des frais d’assurance.

Maintenant que la situation actuelle et l’étendue des problèmes sont dressées, on peut parler solutions. 

La voiture électrique : bonne ou mauvaise idée ?

Eh bien, ça dépend. 

A ce jour, elle n’est pas toujours mieux qu’une voiture à pétrole...

Il y a deux critères à regarder pour juger de la pertinence de ces voitures : la production du véhicule et son utilisation.

Parlons d’abord de la production. Quand on produit une voiture électrique, on doit également produire une batterie qui rime avec consommation d’énergie et pollution. La production de la batterie et du moteur consomment 50% d’énergie en plus qu’une voiture thermique (une voiture qui utilise de l'essence) notamment car leur construction demande bien plus de matières premières. Et en particulier des métaux rares (lithium, cobalt, nickel). L’extraction de ces métaux a des effets néfastes pour l’environnement (grandes quantités de roches extraites, déversement de produits chimiques dans la nature). 

Et puis, il faut produire de l’électricité pour alimenter la batterie or comme vous pouvez le voir ici, l’électricité mondiale est en réalité encore aujourd’hui produite à plus de 70% grâce à des énergies très carbonées (charbon, gaz, pétrole). Même si ce n'est pas le cas en France.

A cela, il faut rajouter le recyclage complexe des batteries, une autonomie limitée et un temps de recharge plus long… Pas dingue tout ça.

Donc oui, la voiture électrique est porteuse d’ambitions et est plus écolo à plusieurs conditions :

  • Développer la production d’énergie bas carbone,

  • Améliorer les conditions d’extraction des métaux rares,

  • Recycler les batteries et augmenter leur durée de vie,

  • Diminuer le poids des voitures.

En voiture Simone
En voiture Simone

Nous pouvons déjà agir sur plusieurs leviers !

Pour réduire les émissions de carbone du secteur des transports, il y a de nombreuses pistes à activer en même temps pour décupler l’efficacité de ces mesures.

1/ Améliorer la performance énergétique des véhicules

Grosso modo, ça veut dire baisser drastiquement la consommation d’énergie par voiture en les concevant pour être moins rapides (personne n’a besoin d’une voiture pouvant atteindre 250km/h) et surtout beaucoup plus petites qu’aujourd’hui (et donc beaucoup moins lourdes). En 50 ans, le poids moyen des véhicules a augmenté de 57% (source ici) et avec la mode des SUV ce n’est pas prêt de s’arranger.

Malgré tout ça, la consommation moyenne de ces véhicules a reculé de 26% sur le même laps de temps. La baisse aurait pu être bien plus importante sans ces augmentations de poids et de puissance.

2/ Décarboner le mix énergétique des véhicules

On en parlait juste avant, aujourd’hui, selon les pays, les véhicules électriques ont plein de défauts. On doit améliorer tout ça et à l’avenir, elles deviendront une option vraiment intéressante pour décarboner le mix énergétique des véhicules. Pour les avions, les biocarburants (tu peux lire la partie sur la biomasse ici) pourraient se développer à la place du kérosène.

3/ Aider au renouvellement des véhicules et adapter les infrastructures

Les véhicules les moins émetteurs sont les plus récents. Mais qui dit neufs dit aussi chers.

Il y a besoin de renouveler le parc de véhicules en circulation et pour cela, des aides aux personnes et sociétés sont nécessaires tout comme le développement d’infrastructures adaptées (par exemple des bornes de recharge pour véhicules électriques). Depuis quelques années, les grandes métropoles régulent le trafic des véhicules les plus polluants. D'un côté c'est bon pour réduire la pollution des centres-villes. De l'autre côté, cela crée des discriminations sociales et ne fait que déplacer le problème un peu plus loin.

Il y a donc besoin de lancer des grandes politiques d'incitation pour soutenir ces projets.

4/ Engager le report modal (on va t’expliquer)

Le report modal, c’est le transfert d’un trafic de passagers d’un mode de transport vers un autre mode plus respectueux de l’environnement.

Concrètement, cela consiste surtout à utiliser les transports en commun, le train ou des modes de transports actifs (vélo, marche, trottinette électrique) à la place de la voiture individuelle ou remplacer l’avion par le train ou le bus.

Pour ce faire, il est possible d’optimiser les liaisons entre les différents moyens de transports (mettre des voies cyclables, des trams ou lignes de bus qui rejoignent des nœuds en périphérie des villes par exemple).

Ce report pourrait être favorisé par le développement des trains (retour des trains de nuit, nouvelles lignes de métro et de tramway), la gratuité ou quasi-gratuité des transports en commun dans certaines agglomérations et la mise en place de nouvelles pistes cyclables.

Le développement du vélo électrique est aussi une très bonne alternative aux scooters et autres motos à essence ou diesel.

5/ Optimiser l’utilisation des véhicules

Évidemment, on pense d'abord au covoiturage en premier. Il permet d'augmenter le taux d'occupation des véhicules. Et c'est très important.

En France, ce taux est autour de 1,4 personne en moyenne et il diffère selon la distance (il est plus faible sur les courtes distances). Pour les trajets quotidiens domicile-travail par exemple, il ne dépasse pas 1,1. Ça signifie que l’immense majorité du temps, une seule personne se trouve dans le véhicule sur ces trajets.

Réussir à augmenter ce taux d'occupation est une des clés de la décarbonation des transports et permettra en plus de réduire les embouteillages et donc de rendre nos villes plus agréables. Raison pour laquelle les collectivités l'encouragent autant.

Attention cependant, le recours systématique au covoiturage peut avoir des effets négatifs. La mutualisation des coûts sur les longs trajets en voiture peut sur certains trajets rendre la voiture plus compétitive que le train, parfois bien plus coûteux pour un trajet similaire.

Le recours à l'autopartage est aussi une alternative intéressante, notamment dans le cas des véhicules électriques puisqu'on l'a déjà expliquer la majorité de leur empreinte carbone vient de la production et non de leur usage. Augmenter l'usage de chacun des véhicules semble donc être une pratique à développer davantage.

L'optimisation des véhicules passe aussi par l’augmentation du taux de chargement des véhicules de logistique. Concernant le taux de chargement des véhicules, celui des poids lourds en France est déjà bon (86%) mais pourrait encore être amélioré, tout comme les véhicules utilitaires.

Attention à l’effet rebond, se déplacer moins est une nécessité.

Avez-vous déjà entendu parler de l’effet rebond ?

Pour rappel, c’est un effet pervers qui annule tous les efforts fournis après la diminution de la consommation d’énergie d’une machine à cause de l’augmentation significative de son utilisation. 

C’est un risque important dans la transition vers des transports décarbonés. Si demain, on utilise beaucoup plus de véhicules plus performants énergétiquement, beaucoup plus de véhicules électriques… qu’on se déplace encore plus qu’aujourd’hui finalement, alors on risque de perdre les bénéfices liés aux leviers d’action cités précédemment.

De la même manière, penser qu’il faut attendre des progrès technologiques ne fait que repousser et empirer le problème.

En conséquence, il paraît indispensable de passer par la sobriété c’est-à-dire de moins se déplacer et de moins déplacer de choses. Ça peut passer par le développement du télétravail, de l’économie circulaire, des circuits courts, de l’éco-tourisme local (la France c'est très bien aussi)… 

Conclusion de tout ça : en nous déplaçant et en déplaçant des choses, on émet beaucoup de carbone. On connaît les pistes de solutions, pas toujours parfaites et dans tous les cas, la diminution de nos déplacements semble inévitable et vitale pour notre planète et pour nous.

La police nationale à dos d'âne, ça n'arrivera jamais. Mais imagine quand même.
La police nationale à dos d'âne, ça n'arrivera jamais. Mais imagine quand même.

L'essentiel

Quelle est la part du secteur des transports dans les émissions de carbone en France ?

La part du secteur des transports (voitures, camions, trains, avions, bateaux) dans les émissions de dioxyde de carbone en France est de 41% en 2020. C'est le secteur le plus émetteur de CO2 du pays.

La voiture électrique est-elle écologique ?

Sa production demande beaucoup de ressources et émet du CO2 mais elle est bien mieux qu'une voiture à moteur thermique sur le long terme si l'électricité n'est pas issue d'énergies fossiles.

Qu'est-ce que l'effet rebond ?

C’est un effet pervers qui annule tous les efforts fournis après la diminution de la consommation d’énergie d’une machine à cause de l’augmentation significative de son utilisation.